À gauche, la une de L’Auto du mercredi 1er juillet 1903 ; à droite, Maurice Garin, vainqueur du premier tour de France

Aujourd’hui, tout le monde sait que le Tour de France est la plus grande course cycliste du monde, la plus médiatique également. Mais comment est-elle née et pourquoi ? Quelles sont les origines du maillot jaune ? Si vous vous posez ces questions, voici des réponses.

En 2013, le Tour de France fêtera ses 110 ans et sa centième édition. Le grand départ sera donné en Corse, la seule région qui n’a pas encore vu la Grande Boucle sur ses terres. Un symbole fort pour une épreuve qui en plus d’un siècle aura traversé toute la France, et même certains pays d’Europe.
Le Tour de France doit ses origines à une rivalité. En effet, au début du XXe siècle, la presse connaît un âge d’or en France, et dans le domaine sportif, deux titres sont en concurrence : Le Vélo et L’Auto. Dans le but de se démarquer, Henri Desgranges, patron de L’Auto, journal qui est l’ancêtre de L’Équipe, décide d’organiser une grande course où des cyclistes doivent traverser la France à travers six étapes. Le rêve prend forme lorsque le 1er juillet 1903, soixante coureurs partent de Montgeron, devant l’Auberge du Réveil Matin. Au bout de dix-neuf jours, Maurice Garin revient en vainqueur à Ville d’Avray, près de Paris, au terme des étapes reliant les coureurs de Paris à Lyon, de Lyon à Marseille, de Marseille à Toulouse, de Toulouse à Bordeaux, de Bordeaux à Nantes et enfin de Nantes à Paris. Entre chaque étape, le peloton a le droit a plusieurs jours de repos afin de se remettre des efforts consentis.

Maurice Garin est le premier à inscrire son nom au palmarès de l’épreuve, et face à la créativité d’Henri Desgranges, Le Vélo ne résiste pas, et c’est L’Auto qui obtient le monopole de la presse sportive. Mais il ne compte pas s’arrêter là, et commence déjà à réfléchir sur un nouveau Tour de France pour l’année suivante. En 1904, Garin s’impose une nouvelle fois, mais déjà, la tricherie alimente l’épreuve. Les trois premiers sont déclassés, ce qui profite à Henri Cornet, qui demeure à ce jour être le vainqueur le plus jeune de la Grande Boucle.
Pour donner toujours plus de spectacle, Desgranges n’hésite pas à ajouter des difficultés à la course. En 1906, les coureurs doivent franchir des cols des Vosges. Ainsi, il s’agit des premières difficultés qui apparaissent sur le Tour. 1906, c’est également la date du premier passage de la Grande Boucle à l’étranger, puisque le peloton passe cette année-là par l’Allemagne. Ces premières années sont marquées par des victoires françaises. Lucien Petit-Breton est le premier à remporter deux fois l’épreuve en 1907 et 1908. Et l’année suivante, François Faber est le premier coureur non-Français à s’imposer (il est Luxembourgeois). Le Tour connaît une trêve lors de la Première Guerre Mondiale.

Mieux distinguer les leaders

Lors de la reprise en 1919, un nouvel élément fait son apparition dans la course. Le leader du classement général arbore désormais une tunique jaune afin de mieux le repérer et le distinguer. Le jaune fait référence aux pages du journal L’Auto qui étaient de cette couleur. C’est donc en 1919 qui naît cette fameuse tunique qui attire toujours autant de convoitises 104 ans après.
En 1953, pour repérer le leader du classement par points, Jacques Goddet, qui a repris le flambeau d’Henri Desgranges, met en place un nouveau maillot, qui est de couleur verte.Un maillot qui existe toujours aujourd’hui, tout comme le maillot à pois. Il distingue le leader du classement de la montagne depuis 1975. Cela vient bien longtemps après la création de ce classement, puisque c’est en 1933 que le meilleur grimpeur est récompensé pour la première fois. Le premier à être meilleur grimpeur est Espagnol, il s’agit de Vincente Trueba. Un autre Espagnol marque son empreinte dans le palmarès de ce classement, c’est Fédérico Bahamontes, qui a été meilleur grimpeur six fois. Une seule personne a fait mieux avec sept maillots à pois, il s’agit de Richard Virenque.
Enfin, un autre maillot voit le jour plus tard : le maillot blanc, qui distingue le meilleur jeune au classement général. Ce classement est créé en 1975, et seuls les coureurs de 25 ans ou moins peuvent y figurer. Supprimé de 1989 à 1999, le maillot blanc renaît en 2000 avec Benoît Salmon qui l’endosse sur le podium des Champs-Élysées. La plus belle avenue du monde est quant à elle le théâtre de l’arrivée finale du Tour depuis 1975.
D’autres prix existent. C’est le cas pour la combativité qui est récompensée par le dossard rouge. Autre classement, celui par équipes. Longtemps distinguée par les casquettes jaunes, la meilleure équipe est désormais différenciée par les dossards jaunes.

Le Tour de France est une épreuve unique, de par ses origines, mais aussi avec ses traditions. C’est la course la plus prisée au monde, et y gagner une étape constitue une ligne de prestige dans un palmarès. Ces dernières années, l’épreuve a été victimes de scandales de dopage comme Festina en 1998, ou encore l’affaire Armstrong, qui a laissé un palmarès vierge de 1999 à 2005 comme héritage. Mais ce sont ces éléments qui forgent un peu plus la légende de cette course, où seuls les plus grands y ont laissé une empreinte indélébile.

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