Cela deviendrait presque une habitude. C’est lorsque le Tour de France s’approche que les langues se délient, prenant à contre-pied les spectateurs, organisateurs et les coureurs bien sûr. Alors pourquoi les vieux dossiers ont-ils tendance à sortir du placard à quelques jours de la plus prestigieuse de toutes les courses ? Voici quelques faits, ainsi que quelques tentatives d’explications.

Le dopage est toujours aussi tabou dans le cyclisme. Ce sport est l’un des plus touchés par ce fléau. Les coureurs font donc l’objet d’une véritable « traque » quotidienne, afin d’éviter toute tricherie pouvant fausser une épreuve. Depuis quelques années, il semble que cela porte ses fruits, car aujourd’hui, on ose croire à un cyclisme propre, des performances dues simplement au talent, et non à un quelconque produit interdit.
Cependant, il n’est pas rare de voir certains coureurs se faire rattraper par des affaires plus ou moins lointaines. L’exemple le plus probant reste celui de Lance Armstrong, qui, en janvier dernier, à avoué s’être dopé. Mis à part ces révélations, il est possible de constater que bon nombre de ces affaires refont surface à un moment donné. Et généralement, la semaine d’avant-tour est propice à de nouveaux soupçons. Revenons en 2011, où deux jours avant le départ, la gendarmerie de La Roche Sur Yon perquisitionnait l’hôtel et le bus de l’équipe Quick-Step du tout récent champion de France Sylvain Chavanel. Autre affaire, toujours en 2011, des produits dopants ont été saisis dans un colis d’Omega Pharma-Lotto, l’équipe de Philippe Gilbert, grandissime favori de la première étape. Ce colis était destiné à Wim Vansevenant, ancien coureur faisant partie de l’entourage de l’équipe. Même si ce dernier a déclaré que ces produits étaient destinés à son usage personnel, le bruit s’est vite répandu, créant un malaise à quelques jours du départ.
En 2012, alors que le départ est donné en Belgique, c’est au tour de l’équipe Europcar de Thomas Voeckler et de Pierre Rolland d’être accusée d’avoir eu recours à des substances illicites lors du Tour 2011. Cette affaire fait du bruit, alors que le départ est donné à la fin de la semaine. Résultat : de fausses accusations, la colère de l’équipe, et des sifflets de la part du public belge.
2013 n’échappe pas à la règle. Une semaine avant le départ, c’est Jan Ullrich, vainqueur en 1997, qui fait parler de lui, avouant avoir « eu recours aux traitements de Fuentes », le docteur mis en cause dans l’affaire Puerto qui a éclaté en 2006, et éclaboussé beaucoup de coureurs, provoquant des exclusions en chaîne la veille… du départ du Tour ! Autre histoire, alors que nous sommes à cinq jours du départ du Tour, le journal L’Équipe révèle que Laurent Jalabert, ancien numéro 1 mondial, et vainqueur de la Vuelta en 1995, aurait été positif sur le Tour en 1998, édition marquée par l’affaire Festina.

Laurent Jalabert aurait été positif sur le Tour 1998

Alors est-ce un hasard si ces révélations ont lieu alors que le peloton de la Grande Boucle s’apprête à s’élancer pour la première fois de Corse ?

Le Tour de France fête sa centième édition cette année, et comme il est coutume depuis quelques années, des affaires viennent perturber l’avant-course. Alors pourquoi attendre le Tour ? Il est possible de considérer que le Tour suscite beaucoup de convoitises, et par conséquent certaines personnes souhaitent être mis en avant en marge de la course la plus prisée, et la plus médiatique (plus de 190 pays suivent la course en direct à la télévision !).
C’est d’ailleurs parce-que le Tour est diffusé dans autant de pays que ces affaires ressortent à l’occasion du départ. L’événement est tel que les répercutions de chaque révélation sont énormes.
En s’appuyant sur des exemples, il est possible de comparer les retombées médiatiques des affaires de dopage issues du Tour de France, et celles issues d’autres courses. Aujourd’hui, tout le monde se souvient de l’affaire Ricco sur le Tour en 2008, mais combien de personnes se souviennent de l’affaire Di Luca, contrôlé positif à l’EPO avant le Giro en mai dernier ?

L’afaire Ricco aura marqué le Tour en 2008


C’est donc avec tristesse que chaque année le Tour fait les frais des bêtises des coureurs ayant fauté. Même si ce sont des soupçons qui alimentent la semaine du départ de la Grande Boucle, à chaque fois, la stupéfaction règne.

La révélation de toutes ces affaires, même juste avant le départ du Tour de France, prouve même si le cyclisme est de plus en plus propre, il n’est pas encore totalement guéri, et certains continuent de ternir l’image d’un sport déjà bien écornée.

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