Fabian Cancellara lève les bras pour la 3e fois à Roubaix.
Photo : B.Bade

Grandissime favori, le Suisse Fabian Cancellara a remporté pour la troisième fois de sa carrière Paris-Roubaix. Après des succès en 2006 et en 2010 sur l’épreuve, celui que l’on surnomme Spartacus gagne une édition particulière, marquée par un suspense haletant jusqu’à la dernière minute.

Un mythe, la « reine des classiques » ou encore « L’Enfer du Nord », ce sont les expressions qui désignent cette course à part. Paris-Roubaix est une épreuve redoutée, où seuls les plus forts rêvent d’y ajouter leur nom au palmarès. Pour cette 111e édition, un nom revient sur toutes les lèvres : Cancellara. Vainqueur du Tour des Flandres la semaine passée, le Suisse est l’homme à battre ce dimanche, en l’absence de Tom Boonen.
La course démarre sur un rythme effréné. Un scénario rare, avec aucune échappée après 100 kilomètres courus. Il faudra attendre la mi-course pour enfin voir un coup à quatre se dégager, sous l’impulsion de Stuart O’Grady, vainqueur à Roubaix en 2007. Il est accompagné par Gert Steegmans, Matthew Hayman et Clément Koretzky. Leur avance est contrôlée par la Radioshack, l’équipe de Cancellara, et cet écart ne dépassera pas les deux minutes.

La malchance de la FDJ

Cet écart va diminuer très sérieusement lors de la traversée de la Trouée d’Aremberg, où le groupe de tête perd une minute. L’échappée reprend ensuite de l’avance. À la sortie d’Aremberg, les principaux favoris sont présents dans le peloton. Un peloton dans lequel Yoann Offredo n’est pas. Le coureur de la FDJ, victime d’une chute spectaculaire après avoir heurté un îlot directionnel, a dû abandonné, touché au visage. L’abandon, c’est également ce qu’a connu Matthieu Ladagnous, après être tombé. Touché à une jambe, le Français est d’abord reparti, avant de mettre pied à terre. Une course cauchemardesque pour les coureurs de Marc Madiot.
Les hommes de tête voient leur écart se réduire, et Steegmans insiste, accompagné dans son effort par Hayman. Derrière, c’est Damien Gaudin qui tente de sortir à une soixantaine de kilomètres du but. Il rejoindra Michael Schär, parti en chasse. Les deux reprennent le duo de tête, mais leur escapade prend fin à 50 kilomètres de l’arrivée.

Un long suspense

C’est Peter Sagan, deuxième Tour des Flandres, qui lance la première attaque chez les favoris. Un échauffement pour la suite. Deux kilomètres plus loin, c’est Fabian Cancellara qui place une accélération. Elle est fatale à beaucoup, et provoque la sélection chez les favoris. Lorsque les quatre hommes échappés sont repris, c’est un peloton de favoris qui entame le final de ce Paris-Roubaix.
Sylvain Chavanel, un temps dans la roue de Cancellara, est lâché. Sébastien Turgot, deuxième derrière Tom Boonen l’an passé, est victime d’une crevaison, et il ne fait pas partie de ceux qui vont se disputer la victoire. Quatre hommes se détachent. Parmi eux, Damien Gaudin, la dernière chance française, puisque Chavanel a été décroché. Spartacus est distancé momentanément, mais il parvient à rester au contact. Les Omega Pharma Quick Step sont en surnombre dans le groupe de tête, avec trois coureurs. Parmi ce trois éléments, il y a Vandenbergh, qui insiste à l’avant. Il part avec Vanmarcke, à une trentaine de kilomètres du but.
Derrière Gaudin semble fatigué, mais il essaie de redonner de la vitesse aux poursuivants, qui sont à 40 secondes du duo belge en tête de course. C’est alors que Fabian Cancellara place une accélération. Il parvient à distancer les poursuivants, seul Stybar, un autre coureur d’Omega arrive à suivre le Suisse. En un peu moins de cinq kilomètres, Spartacus parvient à rattraper les deux hommes en tête. Au passage du Carrefour de l’Arbre, secteur pavé difficile, la course parfaite d’Omega Pharma Quick Step vire au drame, avec la chute de Vandenbergh. Ils ne sont donc plus que trois en tête. Cancellara tente une nouvelle fois de distancer ses compagnons, mais sans succès. C’est au tour de Stybar de connaître la malchance, puisqu’il heurte le pied d’un spectateur, et évite la chute de justesse, mais il fait preuve d’un manque de lucidité, et il est distancé, et rattrapé par les poursuivants.
Il reste 4 kilomètres, lorsque Cancellara attaque, immédiatement chassé par Vanmarcke. Le Belge le contre, sans être décisif. Ils sont deux à l’entré dans le vélodrome de Roubaix. Une vraie arrivée de pistard, et Vanmarcke voir la ligne d’arrivée lui tendre les bras, mais il est grillé sur la ligne par Fabian Cancellara.

« Je suis fier »

Un succès dans la douleur, le Suisse sera allongé dans la pelouse du vélodrome suite à ce succès, tant il a souffert. Vanmarcke lui est en larmes, lui qui est passé tout près de l’exploit. « Dans les 500 deniers mètres, je crois que je vais gagner » confie le Belge à Nicolas Geay sur France 3. Spartacus lui aussi dresse le bilan de la course : « C’était tout le monde contre moi » dit-il. « Roubaix, ce n’est jamais fini » ajoute-t-il, avant de finir par dire « J’ai eu encore plus mal que les autres années, je suis fier ».
Derrière, Terpstra console Omega Pharma Quick Step en prenant la troisième place, devant Van Avermaet et Damien Gaudin, premier Français, à la cinquième place. Sébastien Turgot est dixième d’un Paris-Roubaix qui restera longtemps gravé sur le pavé.

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